la Roche-sur-Yon : réaction aux propos de L.Bouard sur la culture

   Dans une ITW parue le 25 Janvier dans Ouest France, Luc Bouard  a tenu à faire part de sa vision de la culture.  Celle-ci appelle plusieurs remarques.

         On ne peut qu’être frappé, tout d’abord, par sa volonté d’effacer le passé ou de dénigrer systématiquement ce qui s’est fait avant. Luc Bouard a beau répéter à longueur de vœux et d’interview qu’avant lui la Roche-sur-Yon était une ville au bois dormant avec des habitants et des élus assoupis, attendant passivement depuis des décennies d’être réveillés par un maire de droite, cela n’en fait pas une vérité !

Les Yonnaises et les Yonnais  n’ignorent pas, en effet, qu’il n’a pas été nécessaire d’attendre l’arrivée de L.Bouard pour que des lieux de culture comme la salle du Manège ou les médiathèques voient le jour, pour que le Concorde soit restauré, que le pôle culturel soit impulsé. Ils ont même dû se mobiliser contre les tergiversations du nouveau maire pour que le « Cyel » soit confirmé… Ils connaissent aussi le travail des nombreuses compagnies et associations qui n’ont pas attendu l’élection de 2014 pour agir et qui permettent, par exemple, à notre ville de danser avec Colors depuis…2012 ! Ne pas reconnaître cet héritage incontestable témoigne d’une ignorance -voire d’un certain mépris- à l’égard des citoyens yonnais, des associations, des compagnies, des structures et des élus qui ont agi pour et par la culture avant lui.

Dommage aussi que, lorsqu’il n’ignore pas le passé, Luc Bouard le déforme en s’enfermant dans ses caricatures habituelles sur le festival cinéma. Les milliers de Yonnais qui ont participé aux premières éditions du Festival du film et sont venus rencontrer Jean-Pierre Léaud parler des 400 coups, Bernadette Lafont, Mathieu Amalric, Xavier Beauvois  et tant d’autres ou ont assisté à des séances scolaires apprécieront de savoir qu’ils faisaient partie de l’ « entre-soi ». Cette stigmatisation caricaturale n’est ni respectueuse ni rassembleuse et il n’est nullement nécessaire pour saluer, à juste titre, le travail de Paolo Moretti, de ne pas reconnaître les beaux moments qui ont existé avant 2014.  L’opposition de ce qui serait a priori populaire et du souci de montrer et de préserver la diversité des films et des regards sur le monde est artificielle et contribue à séparer des citoyens au lieu de travailler à les rassembler.

        Au-delà de ces oublis volontaires, on ne peut, ensuite, que souligner le grand écart entre les paroles et les actes. Comment peut-on, en effet, prétendre vouloir faciliter l’accès à la culture quand, « en même temps »,  une des premières décisions que l’on prend est de fortement augmenter (25%) les tarifs d’art-vacances, dispositif mis en place sous l’ancien mandat afin de favoriser l’accès de tous les enfants à des pratiques culturelles pendant les vacances ou encore quand on choisit de diminuer les subventions aux associations ? 

Quant au manque de lisibilité et le sentiment de délaissement des associations, on ne peut que le comprendre : la délégation à la culture mérite un.e adjoint.e à part entière plutôt que d’être dans les mains de quelqu’un qui cumule déjà les fonctions de maire et président d’agglomération.  Rien n’obligeait non plus le maire à écarter de sa fonction la directrice des services culturels.

       S’il est enfin normal que la nouvelle majorité élabore de nouveaux projets, la méthode d’annonces surprises lors des vœux comme pour la « maison de la poésie » se fait au détriment de la concertation nécessaire et préalable avec les acteurs directement concernés. Un tel défaut de concertation a déjà abouti à l’échec du coûteux et éphémère festival du rire…

        La culture est par définition synonyme d’échanges, d’interactions. Elle nous inscrit dans un temps collectif où le présent est fait des traces d’hier et des projets de demain. Commencer par associer réellement les citoyens et les acteurs culturels aux projets de demain et reconnaître leur passé commun au lieu de vouloir le nier par électoralisme serait un gage de réussite future. Pour notre ville, je souhaite que ce soit davantage le cas en 2018. 

 

 

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