Enfants en rétention : E. Macron en marche vers un sinistre record

275 enfants en centres de rétention en 2017 en métropole : tel est le chiffre communiqué hier par  La Cimade, confirmant une augmentation continue de ces placements depuis 2014 malgré les dégâts engendrés sur des enfants qui ont déjà des vies si compliquées : « cela reste une pratique maltraitante et contraire à l’intérêt de l’enfant qui se trouve plongé dans un univers carcéral, de murs, de barbelés, de policiers en armes et de vidéosurveillance » expliquait ainsi Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade en 2016.

Ces enfermements d’enfants en centres de rétention ont valu à la France d’être condamnée à plusieurs reprises par la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Ainsi, en  2012, la CEDH rappelait à la France (arrêt Popov contre France du 19 janvier 2012 ) que le placement de deux enfants – âgés respectivement de cinq mois et trois ans – dans un centre de rétention administrative durant quinze jours en compagnie de leurs deux parents violait les articles 3 (interdiction des traitements inhumains et dégradants), 5 (droit à la liberté et à la sûreté) et 8 (droit au respect de la vie familiale) de la convention européenne des droits de l’homme.  

François Hollande, candidat, s’était alors engagé « à interdire les placements en rétention des familles avec enfants dès mai 2012, au nom de l’intérêt supérieur des enfants qui doit primer ». Une circulaire du 6 juillet 2012 encadrant cette pratique a de fait permis initialement de la limiter en métropole (64 mineurs en 2013 contre 312 en 2011).

Mais, après une baisse initiale, les chiffres sont ensuite repartis à la hausse. En 2015, ce sont 105 enfants ont ainsi été placés avec leurs parents en CRA pour aboutir aux 256 de 2017 (et ces  données concernent la métropole et ne tiennent pas compte, par exemple, de la situation dramatique de Mayotte, où 4 300 enfants sont passés en 2016 par des centres de rétention).

Le 12 juillet 2016, la Cour européenne des droits de l’homme  condamnait de nouveau  la France pour avoir contrevenu  à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme selon lequel « nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants » en raison du placement  d’enfants étrangers en centre de rétention administrative. 

Le 13 juillet 2016, nous lancions un appel collectif diffusé par Politis pour que cessent ces enfermements de la honte. http://www.politis.fr/articles/2016/07/pour-en-finir-avec-le-placement-denfants-etrangers-en-centres-de-retention-35185/?override=b9f7d3a0-18d1-40ea-bb2b-5ac0a7ebc14e. 

En 2017, la Cimade lançait une pétition aujourd’hui signée par 90.000 (http://agir.lacimade.org/retention ).

Mais pas plus la condamnation de la France que les appels et pétitions n’ont eu d’effet sur les gouvernements et le nombre d’enfants enfermés en CRA n’a cessé d‘augmenter. 

Les mots d’humanisme et de fraternité seront peut-être prononcés par le Président de la République lors de ses vœux : tant que la politique à l’égard des migrants suivra la pente actuelle, ils auront autant de crédibilité que la « politique de civilisation » revendiquée par N. Sarkozy. Nous le rappellerons, sans répit !  

 

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