Enfants en centres de rétention : parlementaires, agissez !

Depuis plusieurs années, j’aborde régulièrement  sur ce blog la question de l’enfermement des enfants en centres de rétention, pratique qui a conduit la France a être condamnée par la Cour Européenne des droits de l’homme (en 2012 et 2016) et que le Défenseur des droits et de nombreuses associations  comme La Cimade ne cessent de dénoncer.

Loin de nous faire progresser sur cette question, la loi « asile immigration » risque même de prolonger la durée de ces placements indignes.

Il est temps que les  parlementaires français  mettent fin  à cette pratique.

Pour agir à nos côtés, vous pouvez :

1/ Signer la pétition de la Cimade http://agir.lacimade.org/retention  

2/ Relayer notre appel paru sur Politis ( https://www.politis.fr/articles/2018/03/enfants-en-centres-de-retention-que-cesse-cette-pratique-indigne-38494/) auprès de votre député.e, sénateur/sénatrice

                            Enfants en centres de rétention : appel aux parlementaires français pour que cesse cette pratique indigne.

Mesdames, Messieurs les parlementaires,

Dans le cadre du projet de loi « asile, immigration » sur lequel vous allez être conduits à vous prononcer, nous tenons à vous interpeller sur la pratique indigne de notre pays que constitue l’enfermement d’enfants en centres de rétention.

Alors que nul n’ignore les conséquences désastreuses de ces placements entre murs et barbelés pour des enfants aux conditions de vie déjà très difficiles, alors que la Cour Européenne des Droits de l’Homme a condamné la France à plusieurs reprises pour ces « traitements inhumains et dégradants », éminemment contraires à l’intérêt des enfants, alors que le Défenseur des droits rappelle régulièrement son opposition ferme à cette pratique, nous ne pouvons que constater l’absence de volonté politique d’y mettre fin. 

Comme l’a rappelé La Cimade, en 2017, ce sont ainsi plus de 300 enfants qui ont été enfermés en métropole, confirmant une augmentation continue de ces placements depuis 2014.

Si les appels citoyens et la pétition de La Cimade -qui a recueilli plus de 100.0000 signatures-, n’ont pas eu gain de cause auprès du Président de la République et du gouvernement, rien ne vous empêche, comme parlementaires, de présenter et de soutenir un amendement interdisant ces placements indignes de notre pays car des alternatives existent.

Sans cet amendement d’interdiction, des enfants non seulement continueront à subir cette expérience très traumatisante, quelle que soit sa durée, mais ils la subiront même potentiellement plus longtemps, le projet de loi ne prévoyant pas d’exception à l’augmentation de la durée maximale de rétention.

Avec cet amendement, vous empêcherez que le sort d’enfants ne soit aggravé par une pratique incompatible avec toute revendication d’humanisme.

Nous comptons sur chacune et chacun d’entre vous.

Dominique ATTIAS (Vice-bâtonnière de Paris, membre du Conseil de l’Ordre),  Marie-Laure BASILIEN-GAINCHE (professeure de droit public, Université Jean Moulin Lyon 3), Béatrice CAMURAT-JAUD (actrice et productrice), Patrick CHAMOISEAU (écrivain), Martine CHANTECAILLE (professeure de philosophie), Guillaume DUVAL (économiste), Cynthia FLEURY (philosophe et psychanalyste), Florent GUEGUEN (Directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité), Axel KAHN (médecin-généticien),  Michel LUSSAULT (géographe, professeur ENS de Lyon), Ariane MNOUCHKINE (metteuse en scène, réalisatrice et scénariste, fondatrice du Théâtre du Soleil), Dominique MÉDA (sociologue, Université Paris-Dauphine), Mathieu POTTE-BONNEVILLE (philosophe, responsable du pôle « idées et savoirs » à l’Institut français), Christian SALMON (écrivain et chercheur au CNRS),  Frédéric SAWICKI (professeur de science politique Paris 1)  Serge SLAMA (professeur de droit public Université de Grenoble), Catherine WITHOL DE WENDEN (directrice de recherche au CNRS).

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