Egalité Femmes-Hommes : un défi national et local !

Hier, paraissait  un rapport du Haut Conseil à L’égalité entre les femmes et les hommes ( http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hce_parite_au_niveau_local_2017_02_02_compresse.pdf ) démontrant clairement la nécessité de la contrainte juridique pour que l’égalité Femmes-Hommes dans la représentation politique progresse et pointant les résistances auxquelles, malgré certaines avancées, nous nous heurtons encore.

« Les femmes restent exclues des têtes d’exécutifs, non visées par des dispositifs légaux : 84% des collectivités locales sont aujourd’hui présidées par un homme ; La répartition des délégations au sein de l’exécutif reste stéréotypée (aux femmes les affaires sociales, aux hommes les transports et le développement économique) et inégalitaire (les compétences les plus importantes symboliquement et budgétairement sont très majoritairement allouées aux hommes) ; Le HCE craint que l’élection des conseils communautaires issus de la fusion aujourd’hui achevée ne réduise les femmes à une portion congrue, alors même que les intercommunalités constituent déjà l’échelon local le moins paritaire avec 92% d’hommes présidents, 80% de 1er vice-présidents et 66% de conseillers. La réforme territoriale du 17 mai 2013 a été une occasion manquée pour faire progresser la place des femmes dans les conseils communautaires et à la tête des EPCI ».

Ce rapport préconise donc de

« Garantir la parité à l’échelon intercommunal, aussi bien dans les conseils que dans les bureaux, aujourd’hui non visés par des obligations légales. Il ne peut y avoir de zone de non-droit en matière de parité ; – Permettre le passage du partage des places au partage du pouvoir par l’élection d’un « tandem paritaire » à la tête des communes, départements et régions, composé du maire/de la maire et de sa/son adjoint.e ou d’un.e président.e et de sa/son premier.e vice président.e ; – Accélérer le renouvellement des élu.e.s en limitant le cumul des mandats dans le temps, au-delà de la limitation des mandats concomitants qui entrera en vigueur le 1er juin 2017″.

Coïncidence de cette journée, une des délibération du  Conseil municipal de la Roche-sur-Yon  portait sur le rapport désormais obligatoire pour les collectivités sur ce sujet.

Voici mon intervention qui montre le chemin qui ici comme partout en France reste à accomplir.

                                                                                                             Intervention

 » Je voudrais commencer en saluant l’action de mes collègues et amis d’EELV qui nous permet ce soir d’avoir connaissance de ce rapport obligatoire.

La lecture de ce rapport n’étonnera pas celles et ceux qui mesurent le travail encore à accomplir en matière d’égalité femmes-hommes.

Les chiffres de ce rapport sont là pour en attester : qu’il s’agisse de la nature des emplois exercés, du temps de travail ou de la rémunération, la situation est inégalitaire et montre aussi la survie de stéréotypes qui cantonnent les femmes à certaines professions et à certains salaires.

Je voudrais relever quelques indicateurs qui le montrent :

-Si les femmes sont très majoritaires à la ville comme à l’agglomération dans l’ensemble des effectifs (72% pour les effectifs permanents de l’Agglomération ; 61% pour la ville et le CCAS), c’est en raison de leur part traditionnellement importante dans les professions liées à la petite enfance ou dans les filières sociales.

-Elles sont les plus concernées par les temps partiels (dans l’ensemble de ceux-ci, elles représentent 94.74 % pour l’agglomération, 93.57 pour la ville) et leur rémunération moyenne est inférieure à celle des hommes de 24.62 % à l’agglo et de 11.68%. Ceci s’expliquant notamment par un plafond de verre persistant qui les exclut des postes de direction très majoritairement occupés par des hommes ( 71.5% à l’agglo ; 70 à la ville).

Des actions sont certes menées sur le territoire et je veux saluer le travail effectué par les services et les associations pour contrer des stéréotypes souvent véhiculés au nom d’un pseudo « sens commun ».

Les actions de sensibilisation sont, en effet, décisives comme ce qui est fait lors des APE en incitant les garçons à participer à des ateliers couture et les filles à des ateliers foot. On a, en effet, beaucoup trop tendance à accorder à la « nature » des compétences qui relèvent en réalité de traditions culturelles variées et potentiellement inégalitaires.

Je note au passage que l’homme Africain est entré il y a bien longtemps dans l’histoire de la pratique de la couture comme le raconte l’anthropologue Françoise Héritier qui lors d’un séjour en Afrique de l’Ouest, avait étonné tous ceux qui la voyaient coudre, en exerçant ainsi une compétence réputée… masculine !

Il serait intéressant de connaître les mesures que, comme employeur, vous comptez prendre face aux inégalités relevées. C’est par exemple le cas sur les temps partiels : sont-ils volontaires ou subis ? N’y a-t-il pas là un point de vigilance nécessaire qui vous concerne directement?

Le rapport évoque à la fin un dispositif pour l’élaboration du prochain rapport. Bien évidemment nous sommes favorables à la démarche d’un comité de pilotage en charge d’évaluer et de proposer les actions nécessaires y compris pour des domaines non évoqués dans ce rapport comme les violences faites aux femmes ou leur présence dans l’espace public. Nous nous y associerons bien volontiers ».

 

 

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