Au « cœur du projet politique » de François Hollande : «  la culture pour tous et partout »

En visite hier à Nantes aux Biennales internationales du spectacle (BIS), François Hollande a réaffirmé à quel point la culture était « indispensable » à ses yeux : « C’est l’avenir, le moyen de faire une société pour tous ».A l’appui de sa volonté de mettre la culture au centre du projet politique « une culture pour tous et partout » et non « une culture pour chacun ». Il a notamment annoncé qu’il sanctuariserait le budget alloué au ministère de la culture, rappelé la nécessité de soutenir la création et de défendre les droits et les rémunérations des artistes et défendu la mise en place de « l’éducation artistique et populaire » de la maternelle à l’université.
Projet en rupture totale avec la politique culturelle mise en place depuis 2008 !
La lettre de mission confiée à Christine Albanel en début de quiquennat avait d’emblée annoncé la couleur : la « démocratisation culturelle » -y expliquait Nicolas Sarkozy- consiste à « veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public ». Madame la Ministre de l’époque était ainsi priée de fixer aux structures subventionnées des « obligations de résultats » et d’empêcher « la reconduction automatique des aides et des subventions », bref d’adapter l’ « offre » aux demandes supposées (et commercialement non influencées, cela va de soi…) du public. Le vocabulaire montrait déjà le peu d’estime accordée aux œuvres ramenées à des productions évaluées par des critères quantitatifs dignes des agences de notation… Aux paroles présidentielles moquant la Princesse de Clèves et instrumentalisant les mots d’Edgar Morin en les vidant de leur sens, s’est depuis ajoutée une pratique du désengagement de l’État de la politique culturelle, domaine relevant pourtant de l’essentiel.
Il s’agit bien là, en effet, de l’essentiel et non d’un domaine négligeable que l’action politique pourrait occulter car comme le soulignait si bien Le Manifeste pour les produits de haute nécessité rédigé notamment par Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau « Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n’ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons ».
Assurer cet équilibre du « prosaïque » et du poétique » « pour tous et partout », c’est bien là le sens de l’engagement politique… à gauche !

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Discours de François Hollande à Nantes
à l’occasion des biennales internationales du spectacle

 

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