Constitutionnalisation de la déchéance de nationalité pour les Français binationaux : ne brisons pas le « Nous sommes Charlie, nous sommes Paris »

P1000593L’année 2015 s’achève. Elle restera marquée pour tous les Français par les attentats de Janvier et de Novembre. Nous y avons collectivement  réagi avec unité et détermination en réaffirmant notre attachement commun aux valeurs républicaines : de « Je suis Charlie » à « Je suis Paris », c’est en fait un « Nous » fermement attaché à la liberté d’expression, à l’égalité, à la fraternité et la laïcité qui s’est exprimé face à l’horreur.

C’est précisément ce « Nous » qui est au centre du débat soulevé par la volonté du gouvernement d’inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les binationaux : les tribunes de juristes, d’intellectuels, de femmes et hommes politiques se succèdent pour demander au Président de la République de revenir sur cette proposition. Au sein du Parti Socialiste, de très nombreuses voix s’expriment en ce sens et nombre de députés socialistes ont fait part publiquement de leur intention de ne pas voter cette disposition. Comme membre du Conseil National du parti Socialiste, comme candidate aux législatives en 2012, il me semble normal d’expliquer pourquoi je m’y oppose en quelques mots.

RépubliqueJe comprends qu’à la question simple « Etes-vous pour ou contre la déchéance de nationalité pour les terroristes ?», une majorité de Français réponde « oui » pensant, qu’après tout, celui ou celle qui a pris les armes contre son pays ne mérite pas d’en être citoyen. Sans même mentionner la nécessité de ne pas gouverner au gré des sondages d’opinion, le problème, c’est que la question posée est simplifiante et fausse les données du problème.

J’évoquerai donc ici les principaux arguments en renvoyant à la lecture de quelques tribunes particulièrement éclairantes sur ce sujet.

Lire la suiteConstitutionnalisation de la déchéance de nationalité pour les Français binationaux : ne brisons pas le « Nous sommes Charlie, nous sommes Paris »

Régionales et cumul : la lettre ouverte de Stéphanie Calas

stop cumulJ’ai souvent évoqué la question du cumul des mandats sur ce blog tant je suis convaincue que cette pratique  nuit au bon fonctionnement démocratique, construit des féodalités à l’opposé du partage du pouvoir auquel tout-e socialiste « normal-e » devrait être attaché (par exemple ici http://martinechantecaille.fr/cumul-le-sophisme-du-terrain-local/ ). Martine Aubry, 1ère secrétaire du Parti Socialiste avait fait voter lors d’une convention sur la rénovation le principe du non-cumul d’un mandat parlementaire avec un autre mandat exécutif et les candidats aux législatives s’étaient engagés à le faire dans les mois qui suivaient leur élection. Certain-e-s l’ont fait, pas tous alors qu’un mandat parlementaire devrait être du temps plein ! Ainsi, en 2012, candidate aux élections législatives je m’étais engagée avec Barbara Romagnan -qui porte cette question au sein du Parti Socialistes depuis des années- à n’exercer que le mandat de députée si nous étions élues. Devenue députée, Barbara est passée aux actes !

Heureusement, parce que la bonne volonté de quelque-uns et plus souvent d’ailleurs de quelques-unes car ce sujet est très majoritairement porté par des femmes, sans doute conscientes que le cumul nuit aussi à l’égalité, une loi s’appliquera en 2017 interdisant aux parlementaires d’exercer un autre mandat exécutif. C’est un minimum et il faut, à mon sens, aller plus loin et exiger la limitation des mandats locaux (un seul mandat exécutif) et la limitation dans le temps.

Lire la suiteRégionales et cumul : la lettre ouverte de Stéphanie Calas

Des subventions aux associations au travail dominical : les choix de régression de la droite yonnaise

CM 3S’il est une expression dont nombre de femmes et d’hommes politiques usent et parfois abusent c’est bien celle du « vivre ensemble ». Qui critiquerait cette volonté de faciliter la mise en oeuvre  d’une vie en commun la plus harmonieuse possible ?  Seulement, une chose est d’utiliser cette expression, une autre la traduire dans des politiques publiques témoignant d’une réelle volonté de contribuer à d’un espace public permettant les croisements, les échanges, le foisonnement associatif, l’ouverture au monde, aux autres. des paroles aux actes, l’écart est souvent grand !

C’est bien ce décalage entre les mots et les actes qui a caractérisé plusieurs délibérations présentées hier soir par la droite yonnaise.

Ce fut d’abord le cas avec le choix budgétaire de diminuer l’enveloppe globale des subventions aux associations de 5%. Comme je l’avais souligné lors du débat d’orientation budgétaire, le soutien aux associations n’est pas une simple variable d’ajustement budgétaire tant ce secteur joue un rôle essentiel dans la construction individuelle, la cohésion sociale et la solidité d’une société guidée par la coopération. Après les attentats de janvier 2015, j’avais approuvé les paroles de Luc Bouard qui avait expliqué en conseil qu’il était de notre responsabilité d’élus « de tout mettre en œuvre pour faire barrage à la haine qui monte dans notre société » et vous évoquiez alors « l’importance de l’investissement associatif, culturel et sportif ». Elles n’ont pas été suivies d’actes…Bien au contraire !

Lire la suiteDes subventions aux associations au travail dominical : les choix de régression de la droite yonnaise